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Complémentaire santé

Du statut de l’élu mutualiste…

20 février 2017

Le statut de l’élu est un sujet qui mobilise le mouvement mutualiste. Il est difficile aujourd'hui de recruter de nouveaux militants en l'absence de réels moyens, d'une réelle protection et de droits suffisants pour favoriser le détachement de salariés désirant rejoindre le mouvement mutualiste.

Le statut de l’élu mutualiste est un sujet qui a déjà suscité bon nombre de débats et d’interventions, notamment lors de la réunion interrégionale s’étant déroulée le 20 octobre 2016 à Paris.

En effet, plusieurs intervenants ont abordé cette question non sans vigueur. Dans leurs propos, l’expression d’une profonde déception, voire d’une certaine désillusion sur l’aboutissement de cette vieille revendication du monde mutualiste. Mais en la circonstance, aucune réelle réponse n’a vraiment été apportée.

Tout au plus s’il fut de bon ton d’évoquer l’engagement, le militantisme mutualiste et l’impérieuse nécessité d’une implication plus prononcée des jeunes, la question du statut de l’élu a été éludée.

S’il est effectivement important de se mobiliser pour renforcer le corps de notre mouvement mutualiste, il serait également judicieux de peser davantage pour l’institution pour conquérir un réel statut de l’élu mutualiste.

« Il est aujourd’hui toujours plus aisé pour certains agents de la fonction publique, pour les représentants de l’Education nationale de se libérer, de s’impliquer dans la vie mutualiste. »

S’apitoyer sur le manque d’implication des jeunes, tout en cherchant à les attirer est sûrement louable, mais n’en sommes-nous pas encore au stade d’aussi louables incantations ?

Sans de réels moyens, une réelle protection des élus mutualistes, sans de réels droits pour se détacher de l’entreprise, autre qu’une convention nécessitant l’autorisation de l’employeur ; les embûches sont nombreuses et loin de faciliter le détachement de jeunes salariés pour s’engager sur la voie mutualiste.

Aujourd’hui, pour un salarié du secteur privé, il lui est quasiment impossible de l’emprunter faute d’une législation plus protectrice, plus contraignante vis-à-vis des employeurs pour libérer les salariés ayant vocation à militer dans le mouvement de la Mutualité Française. Car n’en déplaise à certains, il est aujourd’hui toujours plus aisé pour certains agents de la fonction publique, pour les représentants de l’Education nationale de se libérer, de s’impliquer dans la vie mutualiste.

Il est tout de même symptomatique, pour un mouvement qui se prévaut d’effectifs de plus de 30 millions de personnes protégées, d’être confronté à une désaffection de son corps militant, à un vieillissement irrémédiable de ce dernier.

« Une réglementation qui fait la part belle au dogme de la professionnalisation des responsables mutualistes au détriment du militantisme. »

Nous pourrions être taxé d’un pessimisme exagéré suite à de tels propos, mais à bien y penser, cette désaffection n’est-elle pas, par ailleurs, amplifiée par les dispositions de Solvabilité 2 ?

Une réglementation qui fait la part belle au dogme de la professionnalisation des responsables mutualistes au détriment du militantisme, et qui insidieusement remet en cause les possibilités d’implication des adhérents de base dans la gestion de leur mutuelle.

Notre Union s’est faite l’écho de la place des petites mutuelles au sein de la Fédération, des premières dispositions ont été prises en ce sens, et c’est tant mieux, même si du chemin reste à parcourir pour que ces petites mutuelles aient une influence effective.

Gageons que la place des militants puisse être préservée, de par une action concrète consistant à porter haut et fort, la revendication portant sur la reconnaissance d’un véritable statut source de droits législatifs. Ces derniers doivent reposer sur des dispositions d’ordre public, ne pouvant prêter à l’interprétation, sur une réglementation vraiment protectrice et source de moyens réellement définis en temps et liberté, favorisant les salariés désireux de se lancer dans un engagement fort et noble comme l’est le militantisme mutualiste.
Robert Mosca
Vice-président de l’UNMBTP