croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Accès aux soins

Refuser le tiers payant intégral : un « combat d’arrière-garde »

5 janvier 2017

La généralisation du tiers payant est sur les rails. Désormais, les malades chroniques et les femmes enceintes n’ont pas à faire d’avance de frais sur les soins remboursés par la Sécurité sociale. Certaines organisations de médecins sont opposées au tiers payant sur la part complémentaire. Un combat jugé « d’arrière-garde » par l’éditorialiste des « Echos » Jean-Francis Pécresse.

Le tiers payant bénéficie depuis le 1er janvier 2017 aux malades en affection longue durée (ALD) et aux femmes enceintes. Ce sont ainsi 11 millions d’assurés sociaux qui n’ont pas à faire d’avance de frais chez le médecin. Les professionnels de santé sont tenus d’appliquer le tiers payant dans ces situations, comme c’était déjà le cas pour les personnes couvertes par la CMU.

Cette étape dans la généralisation du tiers payant n’effraie pas les médecins, rapporte le quotidien Les Echos. En effet, elle concerne des soins remboursés à 100% par l’assurance maladie obligatoire. Les médecins n’ont qu’un interlocuteur financier pour obtenir le versement de leurs honoraires. A condition néanmoins qu’ils ne pratiquent pas de dépassement.

A partir du 30 novembre 2017, une étape supplémentaire sera franchie. Le tiers payant deviendra un droit pour tous les assurés sur la partie des soins remboursée par les régimes obligatoires. Si le patient a une complémentaire santé, le médecin n’aura pas l’obligation de faire le tiers payant sur l’intégralité de ses honoraires remboursés. Mais les organismes complémentaires sont, eux, déjà tenus de garantir le tiers payant à leurs assurés. Cette obligation entre dans le cadre des contrats dits « responsables ».

La mise en œuvre du tiers payant intégral, sur la part de la Sécu et la part de la complémentaire, suscite des oppositions au sein du corps médical. Ainsi, le syndicat de médecins généralistes MG-France pointe du doigt la « complexité » du dispositif. Cette organisation s’inquiète de la « multiplicité des régimes, des contrats et des intervenants », indique Le Figaro.

Le journaliste des « Echos » Jean-Francis Pécresse consacre un éditorial à ce sujet. Il y estime que les médecins ne pourront pas résister à l’adhésion des patients au tiers payant. « Les médecins ne seront pas tenus de l’accepter », concède-t-il. « Mais comme les organismes complémentaires auront l’obligation de le proposer dans la quasi-totalité de leurs contrats (les contrats dits « responsables »), la pression sera considérable », écrit-il.

« Rapidité et simplicité pour le patient, sécurité pour le praticien qui n’a plus à garder de l’argent au cabinet. »

Cet observateur estime que « les médecins auraient tort de poursuivre ce combat d’arrière-garde ». « Leur obstination rappelle d’autres erreurs commises par une profession infiniment dévouée mais conservatrice : l’opposition à la carte Vitale, la réticence à l’entrée de la carte bancaire au cabinet », met-il en garde.

Le tiers payant est pratiqué presque partout en Europe « sans avoir fait bondir nulle part la consommation de soins ». Ce monde de paiement dématérialisé « offre rapidité et simplicité pour le patient ». Il concourt à la « sécurité » du médecin « qui n’a plus à garder de l’argent au cabinet ». En un mot, conclut Jean-Francis Pécresse : « C’est le sens de l’histoire. »

 

Partager sur les réseaux sociaux