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Financement de la protection sociale

Sécurité sociale : des pistes d’économies qui viennent du terrain

27 février 2017

Les professionnels de santé de terrain pensent qu'il existe des mesures simples, rapides et efficaces pour diminuer le gaspillage financier constaté au quotidien au niveau de la Sécurité sociale.

Trente années de partenariat avec la Sécurité sociale en tant que professionnel de santé m’ont permis de constater à quel point les mesures générales était inefficaces sur le terrain. En effet, on s’aperçoit aujourd’hui que 80 % des examens médicaux prescrits par le médecin généraliste sont inappropriés, avec pour résultat une hyper consommation d’examens de type radio, IRM, scanner etc.

Cette surconsommation d’examens d’imagerie médicale entraine des diagnostics tronqués et des soins inappropriés. En cause : un manque cruel de formation à la clinique dans les études de médecine. Les études de médecine comportent par exemple beaucoup trop de théorie, beaucoup trop de sélection par certaines matières scientifiques, reléguant systématiquement des élèves pourtant très motivés qui finissent par prendre une autre voie. Les études de médecine sont également trop longues et ne correspondent plus à notre époque.

Solutions

  1. Retirer de l’enseignement de première année tout ce qui concerne les mathématiques, la physique, la chimie au profit de matières beaucoup plus orientées sur la médecine,
  2. Sélectionner les élèves en fonction de leurs motivations et non sur leur aptitude vis-à-vis des matières scientifiques,
  3. Réintroduire rapidement la clinique, les tests et les évaluations dans le cursus de formation, ce qui permettra aux médecins d’établir un diagnostic rapide et de réduire, grâce à l’expertise, le nombre d’examens complémentaires.

« La prescription de deux IRM et d’un scanner la même année pour une même région anatomique par trois prescripteurs différents devrait être soumise à étude par la Sécurité sociale. »

Autres mesures possibles

Accroître la surveillance des assurés : ces derniers obtiennent facilement une multiplication d’examens complémentaires en mettant la pression sur les médecins. Par exemple, la prescription de deux IRM et d’un scanner la même année pour une même région anatomique par trois prescripteurs différents devrait être soumise à étude par la Sécurité sociale.

Autre mesure importante : elle consisterait à pénaliser les praticiens s’installant dans les régions démographiquement sur-dotées. Il faudrait fournir rapidement des aides efficaces aux régions sous-dotées. Lorsque l’ARS considère qu’un praticien pour 30 000 habitants n’est pas une région sous dotée il y a un problème quelque part…

Aidons les praticiens à s’installer dans les « déserts médicaux » et notamment les jeunes en développant leur activité. Nombre d’autres mesures pourraient voir le jour pour réduire le déficit de façon symptomatique : il faudrait pour cela que les pouvoirs publics travaillent en concertation avec les professionnels de santé de terrain qui constatent  au quotidien tous ces dérapages…

Jean-Baptiste Della Valle