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Santé du futur

Nesplora : la réalité virtuelle au service de la médecine

31 mars 2017

Nesplora est une entreprise espagnole qui combine neurosciences et réalité augmentée pour détecter des maladies mentales. La société a fait partie des 12 finalistes du Prix européen pour les femmes créatrices d’entreprises innovantes.

Les maladies mentales ou neurologiques affectent environ 20% de la population mondiale. Leur diagnostic n’est pas toujours simple à effectuer et encore moins à effectuer rapidement. Gema Climent, directrice de Nesplora, est partie du constat suivant : dans certains cas, il suffit d’exposer le patient à la source même de son malaise pour le diagnostiquer. Grâce à la réalité virtuelle, cette exposition est maintenant réalisable à l’aide du système VRMIND, mis au point par l’entreprise espagnole.

Le patient porte des écouteurs ainsi qu’une paire de lunette de réalité augmentée dans lesquelles est diffusé un petit film. Grâce au casque de réalité virtuelle, le patient se retrouve confronté à un nombre incalculable de stimuli très différents, auxquels il peut -ou pas- s’attendre. Pendant l’examen, le système analyse l’activité du cerveau et enregistre toutes les données exploitables pour le docteur. Cela ressemble à un électroencéphalogramme amélioré, dans lequel le médecin observerait en direct les réactions de son patient. Des chercheurs de l’université de Dallas se sont penchés sur la réalité virtuelle pour diagnostiquer certaines maladies. Ils se sont rendu compte qu’une personne saine s’adaptera facilement à n’importe quel environnement, alors qu’un malade n’y arrive pas.

Le scénario du film est réaliste : les données recueillies par le médecin sont identiques à celles qu’il recueillerait s’il voyait son patient dans la vraie vie. Aucun risque donc que le praticien n’anticipe les réactions de son patient et donc qu’il n’émette un jugement biaisé.

 

« Cela ressemble à un électroencéphalogramme amélioré, dans lequel le médecin observerait en direct les réactions de son patient. »

La technologie VRMIND s’intègre au programme européen « Horizon 2020 », chargé de promouvoir les évolutions dans le domaine des biotechnologies et des nanotechnologies et de mettre en avant les avancées technologiques en matière de santé. L’innovation de Nesplora a d’ailleurs reçu une enveloppe de la Commission européenne de 1,4 millions d’euros sur 2 ans pour se développer.

Les avantages pour la médecine

Grâce à la réalité augmentée, les malades peuvent être observés dans un environnement proche de celui qu’ils connaissent, ce qui est particulièrement utile lorsque l’on souhaite diagnostiquer une personne souffrant de schizophrénie par exemple, explique Gema Climent. Sans la réalité augmentée, un médecin peut mettre un certain temps avant de comprendre ce que ressent son patient. De plus, le médecin peut contrôler les réactions de son patient « en direct » : le diagnostic est plus rapide et donc plus efficace.

« L’objectif est de mettre le patient dans une situation particulière pour évaluer ses fonctions cognitives. Comme l’engin est petit, nous pourrons faire un diagnostic scientifique et fiable dans le monde entier et n’importe où. » déclare Gema Climent. « Si on accélère le processus de diagnostic médical, on améliore aussi la qualité de vie de la personne : une fois que l’on connaît son problème, il est plus facile de lui trouver un traitement ». Si les lunettes de réalité augmentée mises au point par l’entreprise espagnole ne remplacent pas le jugement d’un humain, elles peuvent améliorer et faciliter l’évaluation et les diagnostics de troubles mentaux.

L’innovation de Nesplora a déjà été commercialisée dans les hôpitaux, les cliniques ou les universités de 25 pays (principalement d’Amérique du Nord et du Sud), et vendu à plus de 200 institutions.

Chloé Lourenço