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Prévention santé et environnement

Mutuelles étudiantes : ensemble pour une prévention individualisée

21 avril 2017

La prévention individualisée des jeunes, c'est la marque d'expertise des mutuelles étudiantes adhérentes à la Mutualité Française. Amplifier encore cet accompagnement à la carte, c'est le défi qu'elles se sont lancé ensemble le 13 avril dernier.

Le 21 février dernier au palais Brongniart, la Fédération nationale de la Mutualité Française réunissait les candidats à l’élection présidentielle et a pu déplorer la relative absence de la jeunesse des programmes en matière de santé, si ce n’est pour évoquer la prévention, mais sans appréhension globale ni évocation des acteurs existants.

Dans ce contexte, le 13 avril 2017, les mutuelles étudiantes adhérentes à la Fédération (LMDE, MGEL, SMEBA, SMEREP, VITTAVI) se sont réunies autour d’un projet structurant fort : la prévention et la promotion de la santé des étudiants. Par-delà les sensibilités historiques de chacune des parties prenantes à ce rassemblement, premier du genre, qui fera date, les jeunes élus mutualistes se sont prêtés au jeu en établissant un acte fort de co-construction axé sur la volonté d’amplifier encore l’accompagnement individualisé des étudiants qui est la marque de l’expertise des mutuelles étudiantes.

Le modèle fondé sur la logique de guichet unique conjuguant la Sécurité sociale obligatoire et la partie complémentaire est l’intérêt premier du régime étudiant. En effet, pour permettre un accès renforcé aux soins, il faut diminuer le reste à charge. Cela passe par un accroissement du taux de mutualisation de cette population fragile. Par ailleurs, l’amélioration de la qualité du service rendu, tant par la performance de l’accueil physique ou téléphonique que par des délais de remboursement raccourcis, est aussi de nature à assurer la légitimité des mutuelles étudiantes.

De plus, la connaissance experte de ces dernières, qui sont gérées par les étudiants eux-mêmes, permet la mise en place d’actions de prévention adaptées aux besoins et aux attentes des étudiants et individualisées aux besoins de ces derniers. C’est la démarche la plus pertinente pour disposer des bons outils et du discours adéquat qui permettent l’apprentissage précoce des bons réflexes sanitaires et de comportements responsables. Cette approche permettant de prévenir une prise en charge curative, réparatrice ou reconstructrice, parfois fort coûteuse, bénéficie en tout premier lieu aux jeunes eux-mêmes, mais plus largement à la collectivité.

« Globalement, les étudiants se déclarent en bonne santé et éprouvent donc des difficultés à cerner la notion de capital santé à préserver sur la durée par l’apprentissage de bons réflexes. »

L’action des mutuelles étudiantes en la matière crédibilise leur pertinence en qualité d’acteurs de santé. Pour parvenir à une prévention primaire efficace, il faut éviter la contradiction consistant à vouloir promouvoir la prévention, qui est aujourd’hui assurée par des acteurs spécialisés bénéficiant d’une expertise en la matière par et pour les pairs, tout en remettant en cause l’existence de ces derniers. C’est justement parce qu’elles sont les tout premiers interlocuteurs de santé pour les étudiants, en tant que  gestionnaires de leur sécurité sociale, que les mutuelles peuvent adosser à cette mission leurs actions de prévention. De plus, ce lien direct permet aux mutuelles de favoriser l’accès aux droits, particulièrement aux dispositifs nationaux tels que la CMU ou l’ACS.

Globalement, les étudiants se déclarent en bonne santé et éprouvent donc des difficultés à cerner la notion de capital santé à préserver sur la durée par l’apprentissage de bons réflexes. C’est la raison principale pour laquelle cette population est difficile à sensibiliser et nécessite un traitement particulier. Or, il y a des situations de fragilité qui touchent inégalement les jeunes dans leur émancipation et qui impactent de plus en plus la question du bien-être, du stress et de la santé mentale. Ainsi, l’isolement en cité universitaire est un sujet de préoccupation d’autant plus qu’il concerne souvent une population qui cumule les fragilités sociales.

« L’hétérogénéité des profils, des parcours et des conditions de vie des étudiants rend également complexe la mise en place d’actions de prévention pertinentes pour le plus grand nombre. »

Par ailleurs, le haut niveau de dépenses consacrées au logement plonge nombre d’étudiants dans la précarité et les contraint à davantage renoncer aux soins que le reste de la population ou à recourir à l’automédication avec toutes les conséquences que cela peut engendrer.

La question des ruptures de parcours est aussi un sujet qui amène les mutuelles à porter la mise en place d’un continuum dans l’accompagnement et la prévention santé des jeunes, plutôt qu’à la logique de statut qui a toujours prévalu jusqu’à aujourd’hui, entre le lycéen, l’étudiant, le jeune actif ou jeune chômeur. C’est ce qui conduit nombre de mutuelles étudiantes à s’engager dans des actions de prévention dans les lycées, pour aller, de manière ludique et participative, à la rencontre de jeunes qui partagent souvent les mêmes attentes et font face aux mêmes préoccupations que les étudiants.

Les mutuelles étudiantes, après avoir échangé sur leurs actions en matière de prévention, ont dégagé d’ailleurs quelques axes forts d’intervention en commun : les conduites à risques, le bien-être, l’équilibre alimentaire, les cyberdépendances.

L’hétérogénéité des profils, des parcours et des conditions de vie des étudiants rend également complexe la mise en place d’actions de prévention pertinentes pour le plus grand nombre. Le travail entrepris par les mutuelles étudiantes pour l’amélioration de la santé des jeunes passe alors nécessairement par la mise en place d’offres privilégiées et qualitatives, dans une logique de proximité, sur les lieux de vie des jeunes comme les résidences universitaires dont certaines mutuelles sont gestionnaires, les campus où des liens étroits sont tissés avec les services de médecine universitaire et les associations étudiantes et les lieux de détente et festifs.

C’est par ce maillage très fin des espaces et temps de vie des jeunes que les mutuelles étudiantes peuvent développer les outils de prévention pertinents, pédagogiques, trouvant un écho direct et des réponses adaptées aux différentes situations et permettant de responsabiliser tous les acteurs. Pour prévenir les risques liés aux moments festifs, par exemple, du matériel de prévention – comme éthylotests, bouchons d’oreilles, préservatifs, etc. –, est ainsi distribué. De plus, les professionnels de la nuit sont sensibilisés par des sessions d’information et sont associés à la distribution du matériel. De même, des navettes sont également mises en place avec les collectivités locales et d’autres partenaires de terrain pour permettre aux étudiants de se déplacer en toute sécurité.

Par ailleurs, les mutuelles forment des étudiants-relais santé pour aller à leur rencontre et leur parler de sujets parfois intimes comme les questions affectives et de sexualité mais aussi celles liées au mal-être (fragilité psychologique, stress, isolement, nutrition, sommeil …). La mise en place d’actions toujours plus nombreuses sous la conduite de pairs correspond à un choix stratégique des mutuelles étudiantes de toucher les jeunes dans leurs préoccupations directes, dans un cadre qui garantit l’écoute, la compréhension.

A l’avant-garde de la compréhension des problématiques de santé des jeunes, innovatrices en matière d’actions de prévention, les mutuelles étudiantes entendent continuer à porter la mission de service public qui leur est dévolue. La journée du 13 avril a constitué un acte fondateur, annonciateur d’échanges réguliers, qui permettront aux mutuelles étudiantes d’enrichir l’accompagnement personnalisé des jeunes pour encore mieux les guider dans leur apprentissage de l’autonomie.

Bertrand Dupouy
Délégué à la jeunesse et aux mutuelles étudiantes à la Mutualité Française