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Médicament

Médicament : pour une formation des médecins indépendante de l’industrie

Jacques le Lann 6 février 2017

Les personnels de santé, et notamment les médecins prescripteurs, ont une obligation de formation continue dans les textes. Si tous les médecins français suivaient une formation médicale continue (FMC) en thérapeutique par des organismes indépendants de l'industrie pharmaceutique, nous pourrions assister à un allègement substantiel des prescriptions.

L’actualité apporte chaque année son scandale sanitaire. Ce fut récemment le cas pour le médicament Mediator®, puis la Dépakine® utilisée chez les femmes enceintes. Les exemples sont nombreux et pourraient remplir une belle page. Rappelons que les médecins français sont parmi les plus gros prescripteurs au monde. Or ces thérapeutiques, pour une grande part mal évaluées, sont à l’origine en France de plusieurs milliers de morts.

Comment en arrive-t-on à cette situation ? Un médecin, lors de sa formation universitaire, a peu d’enseignement de pharmacologie qui est la science des médicaments. Sa formation thérapeutique est parasitée par l’industrie pharmaceutique qui s’immisce dans les hôpitaux, offre des petits cadeaux aux internes qui inconsciemment retiennent alors le nom du médicament à prescrire. Le stylo offert gentiment porte en effet le nom de celui-ci, faute de stylo, un autre petit objet posé négligemment sur son bureau, ou un repas offert pour une séance de « formation ».

« Les médecins français sont parmi les plus gros prescripteurs au monde. »

Certains médecins motivés de Bretagne, lecteurs de la revue « Prescrire », ont fait durant une année une étude sur leurs habitudes de prescription, basées sur des références (leur revue, le site bip31 est la référence française en pharmacologie). Ils ont comparé ensuite, chiffres à l’appui, l’économie que pourrait réaliser notre système de protection sociale, cette économie couvrirait en une année le déficit régulièrement annoncé.

Cette formation continue thérapeutique semble être bloquée, depuis des années, par les ministères de la Santé successifs au point que l’on peut se poser la question des liens d’intérêt de ce ministère avec l’industrie pharmaceutique.

Jacques Le Lann
Médecin spécialiste de santé publique