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Maintien de l'autonomie

Maintien de l’autonomie : le 5e pilier de notre protection sociale

16 février 2017

Annoncée dès juin 2007, la volonté du président de la République de l’époque de mettre en place le maintien de l'autonomie en tant que 5e pilier de notre protection sociale ne s’est toujours pas concrétisée. Le temps presse et chaque année perdue est une occasion ratée d’offrir à nos aînés dépendants des conditions de vie plus dignes.


En France, de 2005 à 2050, selon l’Insee, la part des personnes âgées de plus de 60 ans va être multipliée par 2 pour atteindre 22% de la population.

Les personnes âgées de plus de 60 ans représentent 15 millions de personnes aujourd’hui, 20 millions en 2030 et 24 millions en 2060 selon les projections statistiques.

À l’horizon 2030, le nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus devrait s’élever en région Centre-Val de Loire à près de 900 000 personnes, soit 165 000 de plus qu’en 2015. Sur cette période, le nombre de personnes âgées augmenterait ainsi de 23 %, soit à un rythme 7 fois plus élevé que l’ensemble de la population. La part des personnes âgées de 60 ans ou plus passerait de 27 % en 2015 à 32,9% en 2030. Par rapport à la métropole, la part des séniors dans la région Centre-Val de Loire serait plus élevée de 3,6 points en 2030.

« Cette transition démographique impose d’adapter la société au vieillissement de la population et de relever le défi de la perte d’autonomie. »

La perte d’autonomie est un sujet primordial pour 77% des français, 78,9% d’entre eux estiment qu’il faut se prémunir financièrement contre ce risque mais déclarent ne pas être protégés.

A la question comment aider les personnes en situation de perte d’autonomie, 76,2% plébiscitent de favoriser le maintien à domicile, 15,9% les aides financières, 7% favorisent un placement en établissement spécialisé et 0,9% ne se prononcent pas.

A réglementation constante, le nombre des allocataires de l’Apa se situerait, à l’horizon 2060, dans une fourchette de 1,85 à 2,3 millions. Quant aux besoins de financement ils pourraient passer des 22 milliards actuels à 32 milliards dès 2030. En pourcentage du PIB, le poids de la dépendance dans notre pays passerait, lui, de 1,22% aujourd’hui à 1,67% ou 1,76%.

Les besoins de financement du risque dépendance seront supérieurs à ceux du risque retraite après 2050.

« On peut donc craindre pour l’avenir une « explosion » de la dépendance et de son coût. »

Globalement 67,4% des Français sont pour une réforme favorisant un financement durable du risque de perte d’autonomie. Il en ressort que chacun s’accorde sur l’idée d’une nécessaire solidarité dans la prise en charge. Une solidarité dont les moyens font débat, compte tenu de la conjoncture économique.

Offrir à nos aînés dépendants des conditions de vie plus dignes

L’action publique est très segmentée ce qui produit souvent des effets contreproductifs.

On se focalise sur le coût pour la société dans son ensemble sans intégrer la source de richesse que cette prise en charge pourrait représenter. L’accompagnement des personnes en perte d’autonomie va nécessiter des accompagnements accrus créateurs d’emplois résidentiels et qualifiés.

La place des aidants n’est pas clairement définie. Seuls 47,4% des Français estiment que les personnes en perte d’autonomie peuvent être aidées par leur famille au quotidien (49,7% pensent le contraire). A ce titre, 72,7% des sondés se disent favorables à un renforcement de l’aide aux aidants.

Si l’on considère que six aidants sur dix sont des femmes, dont la moitié a plus de 80 ans alors la question de l’épuisement des aidants, principalement révélée par l’apparition et la forte progression de la maladie d’Alzheimer doit se poser.

La plupart du temps, les aidants familiaux sont âgés et en couple ; ils vivent à leur domicile avec leur conjoint. Pour ces personnes, le danger d’épuisement est alors bien réel. C’est pourquoi, notre système ne peut reposer entièrement sur une solidarité « en nature » délivrée par les aidants familiaux.

La prise en charge optimale de la dépendance doit passer par la recherche d’une complémentarité accrue entre les aides sociales, les contrats d’assurance privée et la contribution des descendants.

Il semble nécessaire de travailler de manière globale sur l’accessibilité des biens et services à tous et sur l’adaptation de la société à tous les âges de la vie, de renforcer les échanges et la solidarité entre les générations et de favoriser l’inclusion sociale.

Avec ¾ des français qui considèrent la perte d’autonomie comme un vrai sujet de préoccupation, quelles sont vos propositions pour financer ce 5è risque ? Annoncée dès juin 2007, la volonté du président de la République de l’époque de mettre en place ce 5è pilier de notre protection sociale ne s’est toujours pas concrétisée malgré une succession de rapports confirmant les constats.

Le temps presse et chaque année perdue est une occasion ratée d’offrir à nos aînés dépendants des conditions de vie plus dignes.

 

Quelques pistes

  1. Favoriser le dépistage précoce pour prévenir la perte d’autonomie.
  2. Promouvoir une égalité sociale et territoriale avec une égalité des prestations au niveau du territoire national (mise en place de péréquation entre bassins de vie ?).
  3. Assurer la cohérence des actions et des financements autour de la prise en charge globale des usagers et des aidants familiaux. Toutes les politiques de solidarité, quels qu’en soient les financeurs, doivent se mobiliser et se rassembler autour de la réduction des obstacles à l’autonomie.
  4. Inventer une nouvelle gouvernance au service du choix de la personne âgée et de la personne en situation de handicap.
  5. Prendre en compte la singularité des parcours de vie et des attentes de chacun, recueillir la parole de l’usager et lui accorder sa juste place.
  6. Innover pour permettre le libre choix du lieu de vie des personnes en perte d’autonomie ou en situation de handicap pour une meilleure intégration sociale professionnelle et la préservation de la qualité de vie.
  7. Favoriser et accompagner l’émergence du numérique en santé, de plus en plus perçu comme une solution permettant le maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie, pour maintenir, voire (re)créer des liens sociaux et améliorer les parcours de soins dans le cadre d’une prise en charge coordonnée.
  8. Réfléchir en quoi les pratiques numériques peuvent générer des gains organisationnels et économiques.

 

 

Ce que dit la loi

La loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées pose le principe selon lequel « toute personne handicapée a droit à la solidarité de l’ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation, l’accès aux droits fondamentaux reconnus de tous les citoyens ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté ».

 

Mutualité Française Centre