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Prévention santé et environnement

A quand une loi contre les violences éducatives ?

27 février 2017

Véritable fléau de santé publique, les violences éducatives engendrent de nombreux maux. Aujourd'hui, en France, les enfants sont la seule catégorie de personnes qu'il est encore permis de frapper, sous des prétextes éducatifs. Il y a urgence à proposer une loi interdisant toutes les violences éducatives.

Les violences éducatives ordinaires (VEO)  sont l’ensemble des pratiques coercitives et/ou punitives utilisées,  banalisées dans notre pays, voire même encouragées, car considérées comme bénéfiques pour éduquer les enfants. Elles sont de nature physique  (tapes, fessées pour 85% des enfants, claques, pincements, tirages..), verbale  (injures, cris…) et psychologique  (humilier, rejeter…)

Cette méconnaissance cache une réalité alarmante. Selon de nombreuses études scientifiques, les enfants victimes de ces violences courront potentiellement un risque plus important de développer des troubles du comportement, notamment agressifs, délictueux, des troubles  anxieux et dépressifs, addictions, des tentatives de suicides, des troubles alimentaires, d’avoir des comportements à risque entraînant des  accidents (de la route notamment)  des pathologies cardiaques, des maladies auto-immunes, de l’asthme, de l’eczéma, et des pathologies cancéreuses.. .

« Le coût humain des violences dites éducatives est  édifiant. »

Les enfants qui ont subi des violences éducatives ordinaires ont également sept fois plus de risques d’être maltraités. Sachant que 75% des maltraitances sont commises dans un contexte de punition, les cas de maltraitance, mortifères ou non, ont très souvent commencé par des VEO. Lorsque l’adulte est autorisé légalement à frapper l’enfant, ce dernier ne peut pas être protégé efficacement de la maltraitance qui selon une estimation de l’Inserm en 2011, entraîne le décès de 2 enfants par jour en France.

Il s’avère indispensable d’interdire toute forme de violence envers les enfants, comme le recommandent des instances nationales et internationales de défense des droits des enfants.

Or, le texte de loi pénale 222-13, utile pour les cas de maltraitance, est inadapté pour les violences éducatives ordinaires, car les sanctions prévues sont trop lourdes. De plus, certaines violences sur mineur dites “légères” sont tolérées au nom du « droit de correction ». Cette jurisprudence a une conséquence : les enfants peuvent être physiquement agressés, la violence étant utilisée « pour leur bien ».

« Une loi dans le code civil, non punitive, permettrait enfin d’accorder aux enfants ce droit fondamental : grandir en sécurité. »

 

Elle devra être accompagnée :

– de  campagnes d’information tout public sur le développement des enfants, leurs besoins et l’impact des VEO sur leur santé et les êtres en devenir,
– de mesures d’accompagnement à la parentalité  pour donner  des outils éducatifs non violents,
– de complément de formation envers les professionnels sur les VEO.

Cette loi est indispensable, c’est une urgence éthique et de santé publique, tant pour la protection des enfants que pour notre société afin qu’elle devienne plus équitable empathique et soucieuse de la santé de tous et notamment des enfants qui sont en développement et les plus faibles.

Céline Quelen
StopVEO, Enfance sans violences