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Accès aux soins

Faire de la lutte contre les inégalités sociales de santé la priorité du prochain quinquennat

2 février 2017

Les Mutuelles de France présentent leurs propositions pour que le quinquennat qui s'annonce s'attaque aux inégalités sociales de santé. Parmi elles : élargir l'assiette de financement de la protection sociale, créer un schéma national d’installation des professionnels de santé et renforcer le couple solidaire "Sécurité sociale + mutuelle".

La période électorale qui s’ouvre est l’occasion de dresser un bilan des politiques qui ont été menées en matière de santé ces cinq dernières années.

Quelques avancées ont été obtenues durant ce quinquennat. Le vote de la mise en place du tiers payant généralisé est une étape importante pour faire diminuer le renoncement aux soins pour raisons financières. La signature d’un accord national sur les centres de santé valorise ces structures innovantes qui assurent une prise en charge de qualité en secteur 1 et qui permettent un exercice coordonné aux professionnels de santé. La mise en place de la Puma (protection universelle maladie) va tendre à une couverture d’assurance maladie pour tous, en limitant ainsi les ruptures de droits et les effets de seuils.

« Il n’y a eu aucune remise en cause des franchises médicales et des participations forfaitaires. »

Force est de constater que les choix politiques du gouvernement n’ont pas permis de réduire significativement les inégalités.Pourtant, des solutions existent pour permettre un accès à des soins de qualité à toute la population.
Il n’y a eu aucune remise en cause des franchises médicales et des participations forfaitaires, alors que tous les acteurs s’entendent sur leur caractère injuste et stigmatisant pour les personnes malades. En parallèle, les dépassements d’honoraires continuent de se développer, même si la mise en place du contrat d’accès aux soins a permis de limiter leur hausse. Les politiques d’austérité menées à l’hôpital public, en plus de dégrader les conditions de travail des agents, ont détérioré ses capacités d’accueil.

Par des mesures irresponsables et coûteuses, le gouvernement a provoqué une segmentation toujours plus importante des populations dans la complémentaire santé, remettant ainsi en cause les mécanismes de solidarité construits par les mutuelles. Ces politiques ont laissé les jeunes, les retraités, les personnes éloignées de l’emploi sans solution, ni aide pour accéder à la complémentaire santé. Les taxes sur les mutuelles, qui renchérissent leur coût, n’ont pas été supprimées, elles ont même été augmentées.

Enfin, aucune solution structurelle n’a été apportée à la crise de la médecine de premier recours et à la désertification médicale. Les mesures incitatives en direction, notamment, des jeunes médecins n’ont pas suffi et offrent des résultats très limités.

Au regard de ce bilan, il est urgent de faire de la lutte contre les inégalités de santé une priorité du prochain quinquennat afin d’améliorer concrètement l’accès aux soins de tous.

« À la montée des discours identitaires et réactionnaires, opposons des réponses solidaires. »

Les échéances électorales de cette année seront l’occasion d’un choix fondamental pour l’avenir de notre pays. Nous devons opposer à la montée des discours identitaires et réactionnaires, alimentés par la crise démocratique que traverse notre pays, des réponses solidaires. Aussi, les mutualistes doivent prendre toute leur place dans ce débat.

Pour apporter des réponses aux défis posés à notre système de santé, les Mutuelles de France proposent d’articuler leur réponse autour de trois axes :
– Inventer la Sécurité sociale du 21e siècle
– Garantir l’accès aux soins et à la prévention pour tous et partout
– Renforcer le couple solidaire Sécurité sociale + mutuelle

Construire la Sécurité sociale du 21e siècle, c’est lui redonner les moyens de prendre en charge les besoins de santé des populations. Pour y parvenir, il faut la doter de ressources supplémentaires pour garantir des tarifs opposables publics sur tous les soins. Le transfert massif du financement sur les ménages doit être stoppé ; toutes les richesses produites doivent contribuer à financer notre protection sociale. Cela passe par l’élargissement de l’assiette des cotisations sociales des employeurs sur la totalité de la valeur ajoutée de l’entreprise. Ainsi, tout en assurant un financement plus juste et durable, il sera possible de faire baisser le reste à charge des patients, et de garantir une prise en charge réelle à 100% pour les personnes en ALD (affection de longue durée).

Garantir l’accès aux soins pour tous et partout passe par des solutions concrètes face à la crise de la médecine de premier recours. Pour lutter contre les déserts médicaux et garantir l’accès de tous à des professionnels de santé sans dépassement de tarif, un schéma national d’installation des professionnels de santé doit être mis en place. Il devra s’appuyer notamment sur le développement des structures qui permettent l’exercice de la médecine d’équipe, les centres de santé et maisons de santé. Les pouvoirs publics doivent reprendre toute leur place dans la régulation du secteur de la santé, notamment sur les politiques du médicament. Une véritable politique de prévention doit être mise en oeuvre.

Enfin, il est indispensable de renforcer le couple solidaire « Sécurité sociale + mutuelle » en remettant en cause les dispositifs qui segmentent l’offre complémentaire. Pour garantir l’accès de tous à une complémentaire santé, il faut remettre à plat les aides fiscales et sociales aujourd’hui essentiellement concentrées sur les seuls contrats collectifs.

Ce sont là les propositions que les Mutuelles de France s’engagent à porter dans les campagnes électorales qui s’annoncent.