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Financement de la protection sociale

Faut-il étatiser ou privatiser l’assurance maladie ?

1 septembre 2017

Vaste débat que celui de la privatisation ou de l'étatisation de l'assurance maladie. Quoiqu'il en soit, avant d'en changer sa gouvernance, améliorons déjà nos processus de soins grâce à des systèmes d’informations pertinents et agissons le plus possible en amont pour éviter la survenue des maladies et des accidents.

Comme toujours pour un sujet complexe, on trouve des solutions simples. Comme par exemple changer de structure ou d’organisation. L’assurance maladie n’y échappe pas : entre étatisation, privatisation ou encore… régionalisation. Cette dernière n’étant d’ailleurs en réalité qu’une simple déconcentration donc une forme d’étatisation. Les exemples tirés de notre pratique ou encore des expériences étrangères ne sont guère concluants.

Un système public, comme le NHS anglais connaît régulièrement des dysfonctionnements et se trouve confronté à de sérieux problèmes de financement. Un système largement privé, comme celui des Etats-Unis, s’avère (et de loin) le plus coûteux au monde avec des résultats mitigés dans les indicateurs de santé. Ce qui montre au passage que plus de dépenses ne signifie pas une meilleure santé.

Il est surprenant que le thème du gaspillage ne soit pas véritablement évoqué dans la campagne présidentielle.

De même, la concurrence entre assureurs dans le cadre d’une assurance maladie obligatoire ne garantit pas de meilleurs résultats comme le montrent les exemples de pays qui le pratiquent tels les Pays-Bas ou la Suisse.

Il est surprenant que le thème du gaspillage ne soit pas véritablement évoqué dans la campagne présidentielle. On parle régulièrement de la fraude qui est pourtant bien moindre car elle s’élève « seulement » pour celle détectée par l’assurance maladie à environ 1 % des prestations versées, alors que le gaspillage est d’au moins 20 % selon le dernier rapport de l’OCDE intitulé « Lutter contre le gaspillage dans les systèmes de santé ». Les exemples sont nombreux : interventions ou examens non justifiés, prescriptions excessives de médicaments, d’arrêts de travail ou encore de soins de kinésithérapie…

Avant de changer la gouvernance, voire de diminuer les remboursements ou d’augmenter les cotisations, améliorons nos processus de soins grâce à des systèmes d’informations pertinents et agissons le plus possible pour éviter la survenue des maladies et des accidents.

Un large consensus est dans doute possible sur cette stratégie. Alors pourquoi attendre ?

Patrick Negaret