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Complémentaire santé

Donnons au mutualisme une impulsion nouvelle

15 mars 2017

Des présidents de mutuelles et le réseau Rencontres sociales prennent ensemble la parole sur la question du militantisme mutualiste. Leur intention : rappeler qu'ils sont avant tout des militants humanistes, solidaires, défenseurs de la Sécurité sociale et représentants d'un vaste mouvement social.

Le 21 février, la Mutualité Française a réussi à placer la santé au cœur du débat public. Cinq candidats déclarés, sur sept, ont répondu « présents » à son appel. On aura entendu la profession de foi mutualiste de Yannick Jadot, la préoccupation de Benoît Hamon face à une société pathogène, l’engagement d’Emmanuel Macron pour la prévention. Ces items sont au cœur de l’engagement de Thierry Beaudet, président de la Fédération nationale de la Mutualité Française (FNMF). Alors pourquoi reprendre la parole ?

En premier lieu par ce que dans le paysage politique des acteurs majeurs étaient absents et parce que circulent encore des propositions qui réclament de la part des militants mutualistes que nous sommes cette prise de parole. Nous y voyons trois raisons.

« Nous sommes des militants humanistes et nous ne pouvons tolérer des discours faisant de l’autre, de l’étranger, du migrant, la cause des déficits de notre système social. »

Nous sommes des militants solidaires, défenseurs d’une Sécurité sociale de haut niveau, mais pour autant nous ne pouvons souscrire aux propositions informes qui opèrent entre les complémentaires un amalgame illégitime, mais surtout vouent la Mutualité à une disparition qui serait un recul, une catastrophe sociale.

Nous sommes des militants mutualistes, mais nous sommes conscients des mutations que doit connaître notre mouvement au risque de se perdre.

Faut-il insister sur la première ? Les femmes et les hommes qui composent la Mutualité sont de toutes origines, de toutes nationalités, nous ne pouvons que condamner toute volonté d’établir entre eux hiérarchie et exclusions.

Sur la seconde, nous voulons rappeler que la Mutualité a été une des premières formes de mouvement social dans notre pays ; qu’elle procède, pour l’essentiel, d’un libre engagement solidaire, d’une gestion démocratique aux antipodes des assurances privées avec lesquelles s’accommoderaient volontiers messieurs Hirsch et Tabuteau, mais aussi d’une conception étatiste dogmatique que défendent hélas des militants qui nous sont souvent proches.

La question de la santé en France est très loin de se résumer à son système de financement. Cette question d’ailleurs pose d’autres problèmes plus important que sa « gestion » comme, par exemple, le fait qu’on ne prélève pour l’essentiel que les revenus du travail et que pour l’essentiel les profits ne contribuent pas à à ce financement.

« La santé est une question sociale majeure qui a à voir avec les conditions de vie et de travail, avec la qualité de l’environnement autant de sujets mis à mal par la société néo-libérale qu’on cherche à nous imposer. »

Cette société du profit à court terme, du développement des inégalités, des lobbies médicaux (à distinguer de la masse des professionnels de santé) et pharmaceutiques, celle de l’épandage sans limite des pesticides, de la diffusion des perturbateurs endocriniens est LE problème.

Sur la troisième, nous voulons insister justement sur la place de la Mutualité occupe en tant qu’acteur de la santé de toutes et de tous, la présence de ses centres dans les déserts médicaux, l’accessibilité de ses services en un temps ou l’accès aux soins d’un très grand nombre est problématique.

Pour autant nous sommes conscients des impasses dans lesquelles notre mouvement a pu s’engager. L’acceptation, sans réaction à la hauteur des bouleversements qu’elles engendraient, des directives européennes et des politiques nationales assurantielles voulue par certains de nos dirigeants, entérinée par négligence ou pire par manque de courage, nous a conduit progressivement à une certaine banalisation, et à une certaine illisibilité en premier lieu aux yeux de nos quarante millions d’adhérents.

Il nous faut réagir, retrouver en nous les ressorts du mouvement social qui nous a fondé.

« Il nous faut apprendre à dire NON. Pourquoi pas commencer, s’agissant des directives Solvabilité qui ont largement dénaturé notre gestion être à l’offensive sur leurs implications sur notre démocratie ? »

Le président de la Fédération nationale de la Mutualité Française (FNMF) nous invite à redevenir des militants.

C’est à ce titre que nous prenons aujourd’hui la parole pour que la santé soit réellement l’affaire de toutes et de tous, non celle de coteries, des technocrates, voire des seuls politiques soumis qu’ils sont aux échéances électorales.

 

Gérard Andreck, militant mutualiste, ex-président de la Macif

Jean-Paul Benoît, militant mutualiste, président de la FMF

Jacques Chemarin, militant mutualiste, président de Macif-Mutualité

Jean-Philippe Milésy, délégué du réseau Rencontres sociales