croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Santé du futur

De nouvelles dispositions législatives au secours des transplantations

20 février 2017

Grâce à l’avancée législative, un nombre de prélèvements en progression constante devrait assurer le traitement de tous les malades nécessiteux d'une greffe d'organe, tout en respectant parfaitement le choix de chacun ainsi que la quiétude des familles de défunts.

Beaucoup plus de 100 000 Français ont bénéficié d’une greffe d’organe. La plupart d’entre eux vivent grâce à ce traitement qui implique le plus souvent un prélèvement sur une personne décédée, donc un merveilleux acte de solidarité.


Cependant, à côté de toutes ces vies sauvées, il existe de nombreux cas où, faute de greffon disponible, des malades décèdent pendant la trop longue période d’attente ou sont retirées de la liste des postulants à la greffe du fait de la dégradation de leur état (l’opération qui aurait pu les sauver quelques mois plus tôt devient alors impossible).
A quoi est due cette pénurie d’organes ?
Ne sont en cause ni le manque générosité des Français (80 à 90% de nos concitoyens sont d’accord pour donner leurs organes après leur mort) ni le manque d’implication des équipes de professionnels (ceux-ci font, jour et nuit, un travail remarquable sans jamais ménager leurs efforts). La pénurie résulte d’une loi antérieure inappliquée – car inapplicable- qui demandait à l’équipe médicale de recueillir auprès de la famille du défunt les éventuels indices de refus de prélèvement que celui-ci aurait pu laisser avant son décès.

« Abaisser de moitié ces refus, en respectant donc scrupuleusement l’avis de chacun, ferait disparaître la pénurie et la mortalité illégitime des malades attendant désespérément une greffe. »

La grande majorité des personnes n’a pas exprimé une opinion précise, ce qui contribue à l’embarras, à l’hésitation tourmentée des proches qui ne savent que répondre … jusqu’à ce que l’un d’eux récuse le prélèvement. C’est ainsi que moins de la moitié des organes susceptibles d’être prélevés le sont effectivement. Le refus, à lui seul, est responsable de plus de 40% des non-prélèvements d’organes aptes à la transplantation dans de bonnes conditions (alors que, répétons-le, seuls 10 à 20% des Français s’y opposent pour leur propre compte). Abaisser de moitié ces refus, en respectant donc scrupuleusement l’avis de chacun, ferait disparaître la pénurie et la mortalité illégitime des malades attendant désespérément une greffe.

 

De nouvelles dispositions législatives prises en 2016 et complétées par un décret en Conseil d’Etat s’appliquent depuis le début 2017

Elles prévoient :
1. Une information complète sur les transplantations, le don et la réception d’un organe, le principe du consentement présumé instauré dans la loi française dès 1976 et la possibilité pour chacun de formuler et faire respecter une éventuelle opposition.
2. Un droit à ce que soit respectée la volonté de chacun sur la question du prélèvement post-mortem, sans possibilité pour l’Etat, les proches ou les médecins de contrevenir à cette volonté.
3. Un droit à la quiétude pour les proches du défunt, ainsi qu’à une discussion approfondie et sereine avec les professionnels.
4. Un droit à être traités, pour les nombreux malades dont la vie dépend d’une greffe d’organe.

Déjà l’an dernier, le nombre de prélèvements d’organes a augmenté, grâce à une meilleure information du public. Cette année devrait générer une nouvelle progression, avec la déclinaison dans tous les hôpitaux des termes de la loi nouvelle. Les prélèvements sont effectués sans contrevenir aux droits des personnes opposées à un tel don, puisqu’elles peuvent manifester – et faire respecter leur refus de trois façons : inscription sur le registre des refus, texte écrit explicite ou information transmise à un proche, charge à lui de rapporter par écrit les conditions d’expression du refus par le sujet concerné.

Les ambiguïtés, les hésitations et les opinions contradictoires entre membres d’une même famille disparaissent et permettent à tous de se situer dans une ambiance de sérénité indispensable au travail de deuil pour la famille du donneur qu’à l’activité professionnelle de ceux qui redonnent la vie à un malade nécessitant un nouvel organe pour vivre.
Soyons assurés que l’ensemble des professionnels et l’agence de la biomédecine qui régit les prélèvements et les transplantations continueront à progresser pour le bien des malades, en s’emparant pleinement de ce nouvel outil législatif !

Pr Jean-Louis Touraine
Député de Lyon