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Prévention santé et environnement

Alcool, cannabis, conduites addictives : les cinq propositions de l’Anpaa

21 avril 2017

L'Anpaa (association nationale de prévention en alcoologie et addictologie) a soumis à l’ensemble des candidat-e-s cinq propositions pour faire de la prévention et des soins en matière de conduites addictives une priorité du prochain quinquennat.

La consommation de substances psychoactives, licites et illicites, est à l’origine, chaque année en France, de près de 130.000 décès prématurés, dont 79.000 liés au tabac, 49.000 à l’alcool et 1.600 aux drogues illicites. Cette hécatombe a un coût pour la société estimé à près de 249 milliards d’euros par an, entre la prise en charge des soins, le coût de la répression, la perte de productivité ou encore la valeur des vies humaines perdues.

Afin d’attirer l’attention du futur(e) président(e) de la République sur l’urgence à agir, nous avons envoyé aux candidats 5 propositions pour une politique cohérente et efficace en matière de conduites addictives – un enjeu soit absent, soit traité superficiellement dans les programmes des candidats :
1. Adopter un programme ambitieux axé sur la réduction des risques et des dommages.
2. Organiser un débat public sur la légalisation du cannabis.
3. Réduire la consommation d’alcool chez les jeunes via un prix minimum par unité d’alcool
4. Assurer l’information des consommateurs sur les boissons alcoolisées
5. Renforcer la prévention et l’éducation à la santé à tous les âges, dans tous les contextes, sur tous les territoires

Au total, tous les candidats – dont ceux dotés des meilleures intentions de vote – ont fait part de leurs engagements, à l’exception de François Asselineau, Jacques Cheminade, Jean Lassalle et Philippe Poutou.

Si la plupart des candidats ont répondu précisément à nos 5 questions, ce n’est pas le cas d’Emmanuel Macron et de François Fillon qui ont préféré envoyer une lettre d’intentions.

L’analyse des réponses montre que, si les propositions d’ordre général sur l’adoption d’une politique axée sur la réduction des risques et sur la prévention recueillent une adhésion massive, plus de réticences s’expriment quant à la mise en œuvre de mesures précises, en particulier pour réduire le risque alcool.

« Le débat présidentiel montre en effet qu’à côté de mesures volontaristes annoncées sur le tabac – ce dont on ne peut que se féliciter –, la réduction du risque alcool est loin de faire l’unanimité. Il s’agit pourtant de la deuxième cause de mortalité prématurée évitable en France ! »

Ainsi, en matière de prévention, tous les candidats s’engagent à renforcer l’éducation et la promotion de la santé. Plusieurs refusent cependant l’adoption de mesures telles que l’information des consommateurs sur les boissons alcoolisées ou l’instauration d’un prix minimum par unité d’alcool. Pourtant, selon les autorités sanitaires françaises et internationales, l’éducation à la santé est une mesure peu efficace si elle n’est pas accompagnée de mesures contraignantes (information du consommateur, action sur les prix, sur l’offre et sur la publicité).

Rappelons que la prévention, c’est l’ensemble des mesures, contraignantes et non contraignantes, permettant de créer un environnement favorable à des comportements plus sains. Il ne s’agit pas uniquement d’éducation à la santé ou de conseils aux personnes.

Face à l’échec de la politique actuelle en matière de cannabis, nous avons demandé aux candidats de s’engager à organiser un débat public sur sa légalisation. L’objectif est d’offrir les conditions d’une réflexion sereine et sans a priori idéologiques, préalable à l’acceptation par les citoyens d’une réforme dont les enjeux sont aujourd’hui mal compris.

Sans surprise, François Fillon, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan se déclarent opposés à la légalisation et sont contre l’idée d’un débat public. Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Nathalie Artaud y sont pour leur part favorables, les deux premiers étant pour une légalisation encadrée et la dernière pour une dépénalisation. Emmanuel Macron est, quant à lui, favorable à un débat élargi à « l’évolution des politiques de réduction des risques à l’égard des usagers de drogues ». Il se positionne cependant contre la légalisation, mais pour une contraventionnalisation.

Sur la base de ces réponses, nous engagerons, tout au long du prochain quinquennat, des actions de plaidoyer en direction du candidat élu et du futur gouvernement afin de garantir la mise en œuvre effective d’une politique au bénéfice de la santé et de la sécurité publiques.

Retrouvez le bilan complet sur le site de l’Anpaa

Myriam Savy
Chargée de mission plaidoyer France et international à l’Anpaa