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Complémentaire santé

Complémentaires santé : libérer les énergies !

30 décembre 2016

Dans « Les Echos », l’économiste de la santé Claude Le Pen analyse les rôles respectifs de la Sécurité sociale et des assurances santé. Pour lui, les pouvoirs publics encadrent trop les prestations des complémentaires. Il faudrait, au contraire, les autoriser à proposer de nouveaux services innovants.

Comment la Sécurité sociale et les complémentaires santé doivent-elles se répartir la prise en charge des patients ? Cette question a été relancée par François Fillon au cours du débat des primaires de la droite et du centre. Le candidat Les Républicains a ainsi évoqué l’hypothèse de limiter l’intervention de l’assurance maladie obligatoire aux maladies graves et chroniques.

Dans une tribune publiée le 30 décembre 2016 dans le quotidien « Les Echos », l’économiste Claude Le Pen, professeur à Paris Dauphine, revient sur ce débat. Il plaide pour une libération des « potentialités » des complémentaires santé.

Depuis de nombreuses années, explique-t-il, les pouvoirs publics ont décidé d’encadrer les garanties offertes par les complémentaires santé. Cela a commencé en 1999 avec la création de la couverture maladie universelle (CMU) complémentaires. Plus récemment, cela s’est poursuivi avec l’obligation pour les entreprises, au 1er janvier 2016, d’offrir à leurs salariés une couverture santé.

Pourquoi ne pas laisser aux opérateurs des « marges de manœuvre réglementaires » ? Cela leur permettrait d’offrir, en plus des prestations financières, toute une gamme de services ?

Pour Claude Le Pen, on peut déceler dans cette intervention de l’Etat « une forme de nationalisation rampante de l’assurance complémentaire ». Il faut aussi y voir, selon lui, la volonté de la « cantonner » à un rôle de « payeur aveugle » en se privant de « l’inventivité des opérateurs et de leurs capacités gestionnaires ».

D’où la question posée par cet expert : pourquoi ne pas laisser aux opérateurs des « marges de manœuvre réglementaires » ? Cela leur permettrait d’offrir, en plus des prestations financières, toute une gamme de services. Exemples : des services de suivi des patients en sortie d’hospitalisation ou des services d’e-santé.

La tribune de Claude Le Pen se termine par un appel aux pouvoirs publics et peut-être aux candidat.e.s à la présidentielle. « Si on souhaite que le système de santé tire tout le potentiel de l’existence incontournable des complémentaires santé, écrit-il, il faut éviter le double écueil de les limiter à un rôle financier et de les enfermer dans un carcan réglementaire qui en inhiberait les potentialités. » Chiche !

Un seul regret à la lecture de cette analyse : que Claude Le Pen ne fasse pas la distinction entre les différents opérateurs de complémentaires santé. En effet, les organismes mutualistes ne sont pas seulement des assureurs complémentaires. Ils offrent aussi des services en nature à leurs adhérents. En 2015, les mutuelles ont ainsi organisé 7.300 opérations de prévention partout sur le territoire. Elles gèrent également 3.600 services de soins et d’accompagnement mutualistes. Les mutuelles n’ont pas attendu la puissance publique pour innover…

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