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Accès aux soins

Région Centre-Val de Loire : lutter contre les déserts médicaux

16 février 2017

La région Centre-Val de Loire est la plus défavorisée en matière d'accès aux soins en raison d'une sous-dotation médicale importante. Les propositions de la Mutualité Française Centre pour lutter contre cette désertification médicale.

La région Centre-Val de Loire composée de six départements est la région française où les assurés sont les plus défavorisés en matière d’accès aux soins au regard de la démographie médicale.

Depuis la mise en place du projet régional de santé (PRS1), la situation s’est encore globalement dégradée, malgré l’arsenal de mesures incitatives de la part des pouvoirs publics, et ce depuis longtemps.

Lorsque l’on évoque ce problème, c’est la situation des médecins qui est au centre des discussions : vieillissement du corps médical, féminisation de la profession, souhait de travailler différemment (exercice regroupé), souhait légitime de pouvoir concilier vie personnelle et professionnelle. Tous les débats tournent autour des moyens à mettre en œuvre pour « donner envie » aux médecins de s’installer là où sont les besoins. En revanche, on évoque peu (trop peu) le droit des citoyens à être soignés dans des conditions convenables en matière de délai et de proximité.

« Il n’existe pas de mesures imparables à effet immédiat. C’est la conjonction de celles-ci qui peut porter des avancées positives à terme. »

Alors, que faire de plus ?

Il n’existe pas de mesures imparables à effet immédiat. C’est la conjonction de celles-ci qui peut porter des avancées positives à terme. Les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) ont des difficultés à monter en puissance. Alors, pourquoi focaliser sur cette seule mesure.

En milieu rural, il serait utile de créer des synergies ville-hôpital à partir de l’existant : pôles de santé constitués avec des médecins libéraux dans les locaux des hôpitaux de proximité. Il serait également souhaitable de mieux appréhender l’impact d’expérimentations ayant porté des résultats intéressants, comme par exemple la plateforme alternative d’innovation en santé (Païs) en Loir-et-Cher.

Deux mesures complémentaires

La bonne organisation de l’offre territoriale. Le numerus clausus devrait être augmenté, mais géré en région pour tenir compte des besoins des différents territoires. Les jeunes médecins auraient une obligation de servir quelques années dans la région qui les a formés.

La bonne utilisation des fonds publics. Le législateur devrait permettre à l’assurance maladie de gérer les ressources médicales dont elle a besoin de façon optimale et efficiente au bénéfice des assurés sociaux. Sans revenir sur la liberté d’installation des médecins, la Sécurité sociale pourrait décider d’acheter seulement les soins utiles au travers d’un conventionnement revisité.

La sur-dotation médicale conduit à la surconsommation inappropriée de soins, générant des coûts supplémentaires importants et surtout improductifs. Pour limiter ces abus pourtant pris en charge par la Sécurité sociale, le conventionnement pourrait ne plus être accessible dès lors qu’un niveau satisfaisant  de densité médicale est atteint.

Le médecin libéral pourrait continuer à s’installer où il le souhaite, mais la collectivité ne serait plus tenue de « solvabiliser » ses honoraires. Le modèle libéral est sauvegardé, mais chaque acteur assume réellement ses responsabilités. Si la priorité du praticien va à la solvabilisation de son activité, il choisira alors un territoire où le besoin est plus important.

Mutualité Française Centre