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Accès aux soins

L’accès aux soins dans les Hautes-Alpes

10 avril 2017

Les Hautes-Alpes souffrent d'une désertification médicale problématique. Ce département rural de haute montagne, peu attractif pour la médecine de ville, voit sa population tripler en hiver. L'hôpital de Briançon, en difficulté, doit rester en mesure d’accueillir l'afflux de pathologies liées aux sports d'hiver.

Plus d’un Haut-Alpin sur quatre renonce à se soigner pour des raisons financières ou à cause de l’éloignement géographique. On constate aussi un renoncement dû à la religion ou la culture. Par ailleurs, un euro sur deux n’est pas remboursé par l’assurance maladie, en médecine de ville, et la cotisation des mutuelles est en constante évolution, sous la pression des taxes.

L’accès aux soins est une préoccupation majeure dans le département rural des Hautes-Alpes, avec une densité de population parmi les plus basses de France : 20 habitants/km2 contre 200 à 250 habitants/km2, en moyenne, dans l’Union européenne. Ses trois villes principales sont classées statistiquement parmi les petites communes. L’altitude, les montagnes, les réseaux routier et ferroviaire, rendent les transports et les transferts plus longs et problématiques. Avec la disparition des services publics, l’Etat se désengage de ces territoires.
Les Hautes-Alpes ne sont pas une destination plébiscitée par les médecins : offres d’emploi restreintes pour le conjoint, choix limité pour les études supérieures des enfants…  Ceux qui s’installent sont de plus en plus souvent en secteur 2, avec des dépassements d’honoraires. Les temps d’attente pour consulter un spécialiste varient entre un mois et un an.

Département touristique, triplant sa capacité d’accueil en saison hivernale, les hôpitaux, comme celui de Briançon, se trouvent dans une situation financière difficile.

Le Briançonnais, comptant 25 000/ 30 000 habitants, voit sa fréquentation tripler voire quadrupler en saison d’hiver. L’hôpital de Briançon doit être en capacité de gérer cet afflux de personnes et d’avoir des services à la pointe pour traiter les traumatismes. S’il a des difficultés financières, à cause de charges de fonctionnement élevées mais nécessaires, cet établissement est vital en zone de haute montagne. Il joue un rôle majeur pour sauver des vies. Sa fermeture entraînerait une spectaculaire dégradation des soins et de l’accès aux soins avec de possibles décès, lorsque le transport par hélicoptère est impossible.

« Aujourd’hui nous assistons à l’apparition de déserts médicaux dans le Queyras, le Buëch et les hautes vallées de montagne. »

Le vieillissement de la population est ici plus fort que dans le reste de la France d’où la multiplication de maladies chroniques à un moment où les médecins du baby-boom prennent leur retraite.
Proche des métropoles d’Aix-Marseille et de Grenoble, reconnues pour la pertinence de leurs spécificités médicales, avec des centres hospitaliers universitaires, les Hautes-Alpes s’en trouvent tout autant éloignées. Il y a donc une disparité et une inégalité prononcées d’accès aux soins et à la santé.
La solution ne serait-elle pas de prioriser, d’inciter et d’accompagner la mise en place de centres médicaux ou de maisons de santé, regroupant plusieurs spécialités, de maisons médicalisées pour les personnes âgées type Ephad, des services de soins et d’accompagnement mutualistes, des permanences dans des centres de bilan ?
Parallèlement, il faudrait encourager et accélérer le  développement de la télémédecine pour certains soins et ou consultation.

Mutualité Française Paca